{"id":1251,"date":"2018-04-08T17:27:12","date_gmt":"2018-04-08T16:27:12","guid":{"rendered":"http:\/\/cadetfrancelibre.fr\/?p=1251"},"modified":"2018-04-10T22:03:18","modified_gmt":"2018-04-10T21:03:18","slug":"la-lettre-davril-2018-lencadrement-militaire-de-lecole-des-cadets","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cadetfrancelibre.fr\/index.php\/2018\/04\/08\/la-lettre-davril-2018-lencadrement-militaire-de-lecole-des-cadets\/","title":{"rendered":"La lettre d&rsquo;Avril 2018 &#8211; L&rsquo;encadrement militaire de l&rsquo;\u00e9cole des cadets"},"content":{"rendered":"<p><em>Cette lettre est consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019encadrement de l\u2019Ecole des Cadets. L\u2019ASCFL a naturellement pour vocation d\u2019entretenir le souvenir des Cadets mais aussi de ceux qui les ont form\u00e9s \u00e0 MALVERN et \u00e0 RIBBERSFORD.<\/em><\/p>\n<p><em>Elle doit beaucoup \u00e0 l\u2019ouvrage remarquable d\u2018Andr\u00e9 CASALIS, historiographe de la saga des Cadets et ancien Cadet lui-m\u00eame, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Destins crois\u00e9s\u00a0\u00bb et consacr\u00e9 aux \u00ab\u00a0biographies du chef de bataillon Andr\u00e9 BEAUDOUIN, des instructeurs et des cadres de l\u2019Ecole Militaire des Cadets de la France Libre\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>L\u2019encadrement militaire de l\u2019Ecole des Cadets de la France Libre.<\/strong><\/p>\n<p>Si les Cadets de la France Libre, si peu nombreux -un peu plus de deux cents- peuvent encore inspirer les jeunes g\u00e9n\u00e9rations par les valeurs qu\u2019ils ont port\u00e9es, ils le doivent largement \u00e0 la formation qu\u2019ils ont re\u00e7ue \u00e0 MALVERN et RIBBESFORD, lieux successifs d\u2019implantation de l\u2019Ecole des Cadets de la France Libre de f\u00e9vrier 1941 \u00e0 juin 1944.<\/p>\n<p>Ils le doivent donc \u00e0 un encadrement de l\u2019Ecole original par les parcours vari\u00e9s, civils et militaires, de ses instructeurs avant leur arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019Ecole, et dont la diversit\u00e9 est apparue tr\u00e8s vite parfaitement adapt\u00e9e \u00e0 celle des Cadets.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1256\" src=\"https:\/\/cadetfrancelibre.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/KD_Les_Cadres_Format_R\u00e9duit-300x187.jpg\" alt=\"KD_Les_Cadres_Format_R\u00e9duit\" width=\"300\" height=\"187\" srcset=\"https:\/\/cadetfrancelibre.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/KD_Les_Cadres_Format_R\u00e9duit-300x187.jpg 300w, https:\/\/cadetfrancelibre.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/KD_Les_Cadres_Format_R\u00e9duit.jpg 829w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p><strong><em>1 &#8211; D\u2019o\u00f9 venait l\u2019encadrement militaire de l\u2019Ecole\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Curieusement, le directeur de l\u2019Ecole, le commandant <strong>Andr\u00e9 BEAUDOUIN<\/strong>, n\u2019est pas un officier de formation, ni m\u00eame un militaire ! C\u2019est un enseignant venant de Kaboul pour se mettre au service de La France Libre. C\u2019est le G\u00e9n\u00e9ral de GAULLE, orient\u00e9 par son entourage, qui lui confie la direction de la nouvelle Ecole, manifestant ainsi l\u2019importance qu\u2019il accorde \u00e0 la formation g\u00e9n\u00e9rale et morale des jeunes Cadets autant qu\u2019\u00e0 l\u2019instruction militaire.<\/p>\n<div id=\"attachment_1259\" style=\"width: 269px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1259\" class=\"size-medium wp-image-1259\" src=\"https:\/\/cadetfrancelibre.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/Beaudoin_LajudieJPG-259x300.jpg\" alt=\"Andr\u00e9 Beaudoin - Louis De Cabrol 1942\" width=\"259\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/cadetfrancelibre.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/Beaudoin_LajudieJPG-259x300.jpg 259w, https:\/\/cadetfrancelibre.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/Beaudoin_LajudieJPG.jpg 485w\" sizes=\"auto, (max-width: 259px) 100vw, 259px\" \/><p id=\"caption-attachment-1259\" class=\"wp-caption-text\">Andr\u00e9 Beaudoin &#8211; Louis de Cabrol 1942<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>BEAUDOUIN sera entour\u00e9 du capitaine <strong>Louis de CABROL<\/strong>, commandant en second de l\u2019Ecole et du capitaine Ren\u00e9 de LAJUDIE, qui sera directeur de l\u2019Instruction militaire. Cette \u00e9quipe sera la cheville ouvri\u00e8re de l\u2019Ecole jusqu\u2019\u00e0 sa fermeture en juin 1944. CABROL a \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9 en septembre 1939. Sous-Lieutenant d\u2019active en 1940, il est fait prisonnier \u00e0 CRAVAN et s\u2019\u00e9vade.il rejoint les FFL en octobre 1940 puis l\u2019Ecole des Cadets en octobre 1941.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ren\u00e9 de LAJUDIE<\/strong> ancien de l\u2019ESM, est sous-lieutenant au 9<sup>\u00e8me<\/sup> BCA et participe aux op\u00e9rations de NORVEGE, puis combat en France pr\u00e8s d\u2019AMIENS en juin 1940. Bless\u00e9, Il rejoint LONDRES depuis la NORMANDIE. Apr\u00e8s diverses affectations, il est envoy\u00e9 \u00e0 MALVERN en novembre 1941.<\/p>\n<p><em>Une \u00e9quipe r\u00e9duite d\u2019instructeurs, compos\u00e9e d\u2019officiers et de sous-officiers, se met en place d\u00e8s la cr\u00e9ation de l\u2019Ecole. \u00a0De nouveaux instructeurs rejoindront l\u2019Ecole en 1942 et 1943 et viendront encadrer les nouvelles promotions dont celle du \u00ab\u00a018 juin\u00a0\u00bb, de loin la plus importante en nombre. <\/em><\/p>\n<p>Le Lieutenant <strong>Jacques CHAMBON<\/strong> est sous-lieutenant en 1939. Issu de l\u2019ESM, il participe avec le 43<sup>\u00e8me<\/sup> RIC aux combats de Lorraine et de la Somme. Apr\u00e8s un s\u00e9jour \u00e0 MADAGASCAR, il rallie la France Libre en d\u00e9cembre 1942. Instructeur, il sera l\u2019un des deux commandants de compagnie de l\u2019Ecole. L\u2019autre sera le Lieutenant <strong>Robert MOULI\u00c9<\/strong>. Celui-ci est officier de r\u00e9serve. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre illustr\u00e9 dans les combats en Lorraine, il est fait prisonnier par les Allemands\u00a0; il s\u2019\u00e9vade de son OFLAG, traverse la HOLLANDE, la BELGIQUE et la FRANCE\u00a0; apr\u00e8s sa participation dans le Sud-Ouest au r\u00e9seau de r\u00e9sistance BRUTUS, il traverse l\u2019Espagne, et rejoint LONDRES et les FFL par bateau depuis GIBRALTAR. Il rejoint l\u2019Ecole des CADETS en mai 1943.<\/p>\n<p>Le sous-lieutenant <strong>Louis PICHON<\/strong> issu de l\u2019ESM se trouve \u00e0 BEYROUTH en 1940 puis \u00e0 ORAN en 1942. Instructeur \u00e0 AIX ensuite, il s\u2019\u00e9vade par l\u2019Espagne et le Portugal et rejoint LONDRES en juillet 1943 puis l\u2019Ecole en septembre o\u00f9 il restera quelques mois. Le sous-lieutenant <strong>Pierre SAINDRENAN<\/strong> est issu de la Promotion Charles de FOUCAULD de l\u2019ESM. Il s\u2019\u00e9vade de France en 1943 et rejoint les FFL en juin\u00a0; il sera chef de section de juillet 1943 \u00e0 juin 1944, date de fermeture de l\u2019Ecole. Le sous-lieutenant <strong>Jean SOURIEAU<\/strong> est \u00e9galement issu de l\u2019ESM et participe aux combats sur la Somme avec le 50<sup>\u00e8me<\/sup> RI. Fin 1942, il s\u2019\u00e9vade par l\u2019Espagne et rejoint l\u2019Ecole des Cadets en avril 1943.<\/p>\n<p>Cinq sous-officiers instructeurs (<strong>Louis BOUZOLS, Yves Bertrand CORTADELLAS, Jean FEVRE, Andr\u00e9 LEHRMANN et Marius TAVAREL)<\/strong> seront incorpor\u00e9s aux Promotions de l\u2019Ecole. BOUZOLS rejoint les FFL en f\u00e9vrier 1943 venant de LISBONNE, CORTADELLAS a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 \u00e0 DUNKERQUE puis rapatri\u00e9 en ANGLETERRE en juillet 1940\u00a0; FEVRE, EOR en 1940 rejoint LONDRES en bateau depuis SAINT JEAN DE LUZ\u00a0; LEHRMANN et TAVAREL sont en NORVEGE avec le 6<sup>\u00e8me<\/sup> BCA en f\u00e9vrier 1940. De retour en France, ils rejoignent l\u2019ANGLETERRE et les FFL.<\/p>\n<p>Pour sa part, l\u2019adjudant <strong>Louis CHADRIN<\/strong> est rappel\u00e9 en 1939 au 46<sup>\u00e8me<\/sup> RI. Apr\u00e8s de rudes combats, il est fait prisonnier et s\u2019\u00e9vade de son Stalag\u00a0; il rejoint l\u2019Ecole en septembre 1943\u00a0; les adjudants <strong>Jean TRESCASES,<\/strong> <strong>Fran\u00e7ois BACONNAIS et Paul FAUVELLE<\/strong> font partie \u00e9galement de l\u2019encadrement militaire.<\/p>\n<p><strong>Pierre GIRAN, <\/strong>ing\u00e9nieur et fondateur d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de recherches dans le secteur automobile et du laboratoire des m\u00e9taux en fusion s\u2019\u00e9vade en octobre 1940 via l\u2019Afrique du Nord et Gibraltar et s\u2019engage dans la France libre. Il rejoint l\u2019Ecole des Cadets d\u00e9but 1941comme professeur et comme instructeur \u00ab\u00a0auto-moto\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><em>Les parcours de ces hommes, issus de l\u2019ESM, ou officiers et sous-officiers de r\u00e9serve rappel\u00e9s en 1939, ont de nombreux points communs<\/em>\u00a0; pour la plupart, s\u2019\u00e9tant battus vaillamment lors de l\u2019invasion allemande, ils n\u2019ont pas accept\u00e9 l\u2019armistice et ont rejoint le G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle apr\u00e8s des \u00e9vasions souvent spectaculaires depuis la France ou l\u2019Allemagne pour ceux qui s\u2019\u00e9taient retrouv\u00e9s en OFLAG ou en STALAG apr\u00e8s l\u2019Armistice.<\/p>\n<p><em>Ainsi, les convictions, les valeurs et la volont\u00e9 de poursuivre le combat jusqu\u2019\u00e0 la lib\u00e9ration de la France qui animaient cet encadrement n\u2019\u00e9taient gu\u00e8re diff\u00e9rentes de celles de leurs \u00e9l\u00e8ves<\/em>. D\u2019o\u00f9 les sentiments profonds de respect que ces derniers accordaient \u00e0 leurs ain\u00e9s qui les pr\u00e9paraient aux combats \u00e0 venir o\u00f9 de si nombreux Cadets donn\u00e8rent leur vie pour la libert\u00e9 de leur Pays.<\/p>\n<p><strong><em>2 &#8211; Que sont devenus ces instructeurs apr\u00e8s la fermeture de l\u2019Ecole en juin 1944\u00a0et la lib\u00e9ration de la France ?<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0A tout seigneur, tout honneur\u00a0\u00bb, Andr\u00e9 BEAUDOUIN, Directeur de l\u2019Ecole est affect\u00e9 \u00e0 diverses missions de liaison aupr\u00e8s de l\u2019Arm\u00e9e am\u00e9ricaine puis avec la 9<sup>\u00e8me<\/sup> DIC. Il part pour l\u2019Indochine o\u00f9 il assure des missions d\u2019\u00e9tat-major qui le mettent en relation avec les correspondants de guerre qui couvrent le conflit indochinois. Il demande son rapatriement en France et commence une carri\u00e8re diplomatique en octobre 1946 qui le m\u00e8nera, apr\u00e8s un passage \u00e0 la Chancellerie, en Afrique, comme consul \u00e0 NAIROBI, puis en INDE comme repr\u00e9sentant de la France \u00e0 PONDICHERY. Il n\u2019oubliera pas les Cadets et sera \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation de leur Amicale (dont il sera le premier pr\u00e9sident), et \u00e0 l\u2019origine des d\u00e9marches aboutissant \u00e0 la reconnaissance l\u00e9gale du statut de Saint-cyrien des Cadets issus des cinq promotions qui se voient reconnaitre ainsi leur int\u00e9gration dans la liste officielle des promotions de l\u2019ESM de Saint-Cyr. Il d\u00e9c\u00e8de en 1973.<\/p>\n<p><em>Le destin des instructeurs sera tr\u00e8s variable. Les officiers poursuivent leur carri\u00e8re ; les militaires de r\u00e9serve rappel\u00e9s, soit retrouvent une activit\u00e9 civile, soit restent dans l\u2019Arm\u00e9e et poursuivent, comme leurs fr\u00e8res d\u2019armes, le combat sur les th\u00e9\u00e2tres d\u2019op\u00e9ration ext\u00e9rieurs en Europe, en Extr\u00eame-Orient, en Afrique, puis en Alg\u00e9rie.<\/em><\/p>\n<p>Andr\u00e9 CASALIS pr\u00e9sente dans son livre tr\u00e8s document\u00e9 \u00ab\u00a0Destins crois\u00e9s\u00a0\u00bb les parcours de tous ces hommes qui ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019encadrement de l\u2019Ecole.<\/p>\n<p><em>Destins crois\u00e9s mais divers, montrant \u00e0 l\u2019\u00e9vidence que leur choix pr\u00e9coce du refus de la d\u00e9faite et leur engagement dans les Forces fran\u00e7aises libres, n\u2019ont pas toujours servi leur d\u00e9roulement de carri\u00e8re\u00a0!<\/em><\/p>\n<p>Trois d\u2019entre eux termineront toutefois leur parcours avec le grade de g\u00e9n\u00e9ral. PICHON et SOURIEAU, anciens de l\u2019ESM, comme g\u00e9n\u00e9raux de Division, MOULIE, ancien EOR, comme g\u00e9n\u00e9ral de Brigade.<\/p>\n<p>PICHON n\u2019a fait qu\u2019un court passage \u00e0 l\u2019Ecole. Ce cavalier a rejoint le 3<sup>\u00e8me<\/sup> RCA d\u00e8s fin 1943.Apr\u00e8s divers commandements et un passage en 1959 \u00e0 l\u2019Etat- major particulier du Pr\u00e9sident de la r\u00e9publique, Charles de GAULLE, il retrouve le 3<sup>\u00e8me<\/sup> RCA comme chef de corps\u00a0; Il sera aussi attach\u00e9 militaire pr\u00e8s de l\u2019Ambassade de France \u00e0 ALGER apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance (1963-1966). Il commande ensuite la 10<sup>\u00e8me<\/sup> Brigade m\u00e9canis\u00e9e \u00e0 REIMS puis la 7<sup>\u00e8me<\/sup> Division \u00e0 MULHOUSE. Il termine sa carri\u00e8re comme adjoint au G\u00e9n\u00e9ral commandant le 1<sup>er<\/sup> Corps d\u2019Arm\u00e9e.<\/p>\n<p>SOURIEAU rejoint la 2<sup>\u00e8me<\/sup> DB \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1944. Il sera gravement bless\u00e9 dans les combats en ALSACE qui l\u2019am\u00e8neront ensuite \u00e0 occuper des fonctions d\u2019Etat-major. Puis on le retrouve en INDOCHINE, au MAROC, en ALGERIE comme chef de Bataillon, puis en Etat-major au Corps d\u2019Arm\u00e9e d\u2019ORAN \u00e0 la veille de l\u2019Ind\u00e9pendance de l\u2019ALGERIE. Il retrouve SAINT-CYR comme commandant d\u2019un bataillon d\u2019EOA. Il prend ensuite le commandement du 8<sup>\u00e8me<\/sup> GCM. Il sera ensuite en Etat-major \u00e0 METZ puis chef du cabinet du G\u00e9n\u00e9ral de BOISSIEU, alors chef d\u2019Etat-major de l\u2019Arm\u00e9e de Terre. G\u00e9n\u00e9ral de Brigade, il commande la 64<sup>\u00e8me<\/sup> DM et passe G\u00e9n\u00e9ral de Division en 1975.<\/p>\n<p>MOULIE passe au BCRA apr\u00e8s la fermeture de l\u2019Ecole et est parachut\u00e9 dans le DOUBS pour encadrer les maquis avec deux de ses anciens Cadets. Il rejoint le 2<sup>\u00e8me<\/sup> RCP SAS et participe \u00e0 la lib\u00e9ration de la HOLLANDE\u00a0dans l\u2019op\u00e9ration a\u00e9roport\u00e9e AMHERST. Parachutiste, il effectue ensuite trois s\u00e9jours en INDOCHINE, participe \u00e0 l\u2019op\u00e9ration de SUEZ comme officier de liaison aupr\u00e8s des Britanniques, d\u00e9barque \u00e0 ALGER en avril 1958 comme adjoint du 3<sup>\u00e8me<\/sup> RCP, commande la Base a\u00e9roport\u00e9e d\u2019AFN, puis de 1960 \u00e0 1962 est le 1<sup>er<\/sup> chef de corps du 1<sup>er<\/sup> RPIMa \u00e0 Bayonne. Il effectue un s\u00e9jour au NIGER et commande le Groupement saharien 62. De retour en M\u00e9tropole, il termine sa carri\u00e8re comme G\u00e9n\u00e9ral de Brigade.<\/p>\n<p>CABROL adjoint de BEAUDOUIN, d\u00e9barque en NORMANDIE et poursuit sa carri\u00e8re comme officier de liaison aupr\u00e8s des Britanniques. Gri\u00e8vement bless\u00e9 en avril 1945 en Allemagne, il est amput\u00e9 des deux jambes et admis en novembre dans le cadre des Affaires Etrang\u00e8res comme vice-consul \u00e0 BOSTON. Apr\u00e8s un passage \u00e0 la Chancellerie, il part en mission au SOUDAN et en EGYPTE, puis retrouve les Etats- Unis comme consul g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 DENVER. Apr\u00e8s un s\u00e9jour comme consul de France \u00e0 SALISBURY, il retourne aux USA comme consul g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 LOS ANGELES. Il termine sa carri\u00e8re en ECOSSE comme consul g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 EDIMBOURG. Il d\u00e9c\u00e8dera en 1978. Curieux destin de cet homme qui \u00e9pousera apr\u00e8s la guerre la carri\u00e8re diplomatique comme son chef Andr\u00e9 BEAUDOUIN\u00a0!<\/p>\n<p>LAJUDIE, directeur de l\u2019instruction militaire, est affect\u00e9 \u00e0 la mission de liaison tactique et d\u00e9barque en septembre 1944 \u00e0 Utah Beach. Apr\u00e8s des missions de nature administrative, il retrouve comme chef de bataillon une affectation de commandant en second du 9<sup>\u00e8me<\/sup> Zouaves. Il est nomm\u00e9 \u00e0 BOGHARI en ALGERIE chef d\u2019\u00e9tat -major du secteur puis commandant de ce m\u00eame sous-secteur. Il fait valoir ses droits \u00e0 la retraite en 1962 et d\u00e9c\u00e8de trois ans apr\u00e8s.<\/p>\n<p>CHAMBON est affect\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tat-major de la 2<sup>\u00e8me<\/sup> DB, puis il rejoint le R\u00e9giment de Marche du TCHAD et se distingue sur le Front de l\u2019Atlantique. Il poursuit sa carri\u00e8re \u00e0 DAKAR -il est commandant de compagnie au 7<sup>\u00e8me<\/sup> RTS- puis part en Indochine o\u00f9 on le trouve \u00e0 l\u2019EM des Forces terrestres d\u2019Indochine Nord. Il rentre en m\u00e9tropole en juin 1949 et est affect\u00e9 au 1<sup>er<\/sup> RMT dans un premier temps puis au SGDN apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 brevet\u00e9 d\u2019Etat-major. De 1952 \u00e0 1954, il repart en Afrique noire, puis revient \u00e0 la DPMAT en 1957. En octobre 1958, il commande en second le 21<sup>\u00e8me<\/sup> RIMa \u00e0 ALGER. Promu Colonel en 1962, il commande \u00e0 BOUAR le 6<sup>\u00e8me<\/sup> RIAOM. Enfin il termine son parcours militaire au TCHAD au commandement des Forces fran\u00e7aises au TCHAD comme chef de mission militaire. Il quitte l\u2019Arm\u00e9e en 1968 en fin de carri\u00e8re.<\/p>\n<p>SAINDRENAN est affect\u00e9 au RMT, \u00e0 la 2<sup>\u00e8me<\/sup> DB en quittant l\u2019Ecole. Il se trouve aux portes de PARIS le 24 ao\u00fbt 1944. Puis il est affect\u00e9 au 16<sup>\u00e8me<\/sup> RTS et embarque \u00e0 Marseille pour l\u2019ALGERIE. Apr\u00e8s un s\u00e9jour en Indochine et un retour rapide en m\u00e9tropole, il rejoint \u00e0 SAIGON les parachutistes coloniaux SAS et commande le d\u00e9tachement parachutiste des Terres rouges. Il est promu capitaine \u00e0 son retour en France et repart en 1952 pour MADAGASCAR. On le trouve \u00e0 l\u2019Ecole d\u2019application de l\u2019Infanterie en 1955, puis il fait l\u2019Ecole de Guerre et, promu chef de bataillon, il est d\u00e9tach\u00e9 comme officier de liaison et instructeur au \u00ab\u00a0War College\u00a0\u00bb de CAMBERLEY\u00a0; il est ensuite affect\u00e9 au RMT et en 1968, il est d\u00e9sign\u00e9 comme Attach\u00e9 des Forces arm\u00e9es \u00e0 LIMA o\u00f9 il terminera sa carri\u00e8re comme colonel.<\/p>\n<p>LEHRMANN qui a \u00e9t\u00e9 maintenu instructeur apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 promu aspirant de la Promotion \u00ab\u00a0FEZZAN-TUNISIE\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 gravement bless\u00e9 \u00e0 la t\u00eate en service command\u00e9. Affect\u00e9 \u00e0 la compagnie de QG n\u00b031, il d\u00e9barque en France avec son unit\u00e9, puis rejoint MADAGASCAR de 1945 \u00e0 1948 et revient en m\u00e9tropole au RMT. Il repart en AEF (\u00e0 Pointe Noire) en 1950 o\u00f9 il reste pr\u00e8s de trois ans. Il reviendra en AEF (\u00e0 Fort Lamy) de fin 1955 \u00e0 juin 1958. Comme beaucoup, on le retrouve en Alg\u00e9rie o\u00f9 il prend le commandement de la 62<sup>\u00e8me<\/sup> CRD qu\u2019il quitte en juillet 1960. Enfin il effectue un dernier s\u00e9jour en AFRIQUE (Dakar) de 1960 \u00e0 1963 puis fait valoir ses droits \u00e0 la retraite en 1964.<\/p>\n<p>BOUZOLS qui a \u00e9t\u00e9 promu aspirant avec la Promotion du \u00ab\u00a018 juin\u00a0\u00bb est affect\u00e9 \u00e0 la 2<sup>\u00e8me<\/sup> DB. Il est nomm\u00e9 au RMT. Il effectue toute la campagne de France et d\u2019Allemagne et est bless\u00e9 devant STRASBOURG. Il est d\u00e9mobilis\u00e9 \u00e0 sa demande en septembre 1945, fait Sciences Po et pr\u00e9pare l\u2019ENA. Il entre au Minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res. En 1948, il rejoint l\u2019Industrie p\u00e9troli\u00e8re o\u00f9 il effectuera une carri\u00e8re remarquable et pr\u00e9sidera plusieurs entreprises du secteur. Il sera membre du conseil sup\u00e9rieur de la Marine marchande et prendra sa retraite en 1985.<\/p>\n<p>CHADRIN sera affect\u00e9 au QG du g\u00e9n\u00e9ral KOENIG et d\u00e9barquera avec une unit\u00e9 canadienne de chars \u00e0 ARROMANCHES. Il organise le d\u00e9placement de son unit\u00e9 sur l\u2019Allemagne et est d\u00e9mobilis\u00e9 fin aout 1945.<\/p>\n<p>CORTADELLAS nomm\u00e9 aspirant avec la Promotion \u00ab\u00a018 juin\u00a0\u00bb rejoint la 2<sup>\u00e8me<\/sup> DB et d\u00e9barque \u00e0 Sainte-M\u00e8re-l\u2019Eglise le 9 aout avec le 12<sup>\u00e8me<\/sup> RCA\u00a0; Puis il est affect\u00e9 au RMT et nomm\u00e9 ensuite chef du peloton de protection du g\u00e9n\u00e9ral LECLERC. Nomm\u00e9 sous-lieutenant en mai 1945, il est mut\u00e9 en AOF o\u00f9 il commande un escadron de blind\u00e9s puis prend le commandement d\u2019une compagnie de travaux du G\u00e9nie. De retour en France, en 1950, il entre \u00e0 la direction de la Compagnie COLAS et apr\u00e8s une formation \u00e0 l\u2019ENTP, il devient ing\u00e9nieur et termine sa carri\u00e8re dans cette soci\u00e9t\u00e9 en 1982.\u00a0 Il sera chef de bataillon de r\u00e9serve en 1972.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Pierre GIRAN, il est affect\u00e9 \u00e0 la MMLA \u00e0 CAMBERLEY et assimil\u00e9 officier \u00e0 la fermeture de l\u2019Ecole. Apr\u00e8s sa d\u00e9mobilisation en mai 1945, il sera expert aupr\u00e8s des Minist\u00e8res et de la Cour d\u2019Appel de Paris jusqu\u2019\u00e0 sa retraite en 1978.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ce panorama serait incomplet si n\u2019\u00e9taient cit\u00e9s ici deux personnages attachants de l\u2019Ecole<\/strong>\u00a0: d\u2019abord le sergent <strong>John Lambert FOX<\/strong> mis \u00e0 disposition par les Britanniques comme instructeur d\u2019\u00e9ducation physique. A 29 ans, il est issu du monde bancaire. En juin 1944, \u00e0 la fermeture de l\u2019Ecole, il est affect\u00e9 \u00e0 un r\u00e9giment du Cheshire et son unit\u00e9 part en septembre en France puis en Allemagne. Il est d\u00e9mobilis\u00e9 \u00e0 la fin de la guerre et retrouve son poste \u00e0 la Westminster Bank. Il se consacrera ult\u00e9rieurement \u00e0 la d\u00e9fense de la nature et sera pr\u00e9sident de plusieurs associations favorables au d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<p>Ensuite le p\u00e8re <strong>Vincent O\u2019HARA<\/strong>. C\u2019est l\u2019aumonier catholique de l\u2019Ecole. Il est Anglais, n\u00e9 \u00e0 MANCHESTER, mais d\u2019origine irlandaise. Il a fait son s\u00e9minaire \u00e0 DAX et pass\u00e9 son baccalaur\u00e9at \u00e0 Bordeaux. Il est un excellent partenaire de rugby qu\u2019il pratique avec le Lieutenant MOULI\u00c9 qui a \u00e9t\u00e9 joueur professionnel \u00e0 XIII \u00e0 Villeneuve sur Lot avant la guerre. Le rugby prendra une place particuli\u00e8re dans la formation des Cadets comme outil de coh\u00e9sion et de d\u00e9veloppement physique. O\u2019HARA aura une influence forte sur l\u2019encadrement et les \u00e9l\u00e8ves qui, \u00e9loign\u00e9s de leurs familles et de leur Pays, ont besoin d\u2019appui psychologique et moral. Humain et accessible, il est aim\u00e9 de tous. Certains le retrouveront \u00e0 ALGER chez les Lazaristes \u00e0 la fin de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>Enfin <strong>une pens\u00e9e toute sp\u00e9ciale pour deux instructeurs morts pour la France. <\/strong><\/p>\n<p>Jean FEVRE Quitte l\u2019Ecole en 1943 pour l\u2019EGYPTE. Puis il rejoint l\u2019Italie avec la 1<sup>\u00e8re<\/sup> DFL et d\u00e9barque \u00e0 CAVALAIRE. Il est mortellement bless\u00e9 le 30 septembre 1944. Il rejoint la cohorte des Compagnons de la Lib\u00e9ration.<\/p>\n<p>Marius TARAVEL quitte l\u2019Ecole avec le grade d\u2019aspirant de la Promotion \u00ab\u00a0Lib\u00e9ration\u00a0\u00bb. En juin 1944, il est affect\u00e9 \u00e0 la 2<sup>\u00e8me<\/sup> DB. Il d\u00e9barque \u00e0 Grand camp, fait la campagne de Normandie, rentre dans Paris et poursuit sur les Vosges.\u00a0; il fait la campagne d\u2019Alsace avec le RMT, puis reste en zone d\u2019occupation en Allemagne. En avril 1948, il part en Extr\u00eame Orient et d\u00e9barque \u00e0 SAIGON. Affect\u00e9 au II\/21<sup>\u00e8me<\/sup> RIC, il est tu\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de ses hommes au cours d\u2019une patrouille alors qu\u2019il est chef de poste de AN-ONG.<\/p>\n<p><strong>Telle peut \u00eatre r\u00e9sum\u00e9e la saga de l\u2019encadrement militaire de l\u2019Ecole. <\/strong>Nous avons pu omettre le souvenir de quelques membres de l\u2019encadrement par manque d\u2019informations suffisantes, mais nous ne les oublions pas. Les travaux de l\u2019Association du souvenir des Cadets de la France libre ont pour objectif de retrouver leur trace et d\u2019\u00e9voquer ult\u00e9rieurement leur parcours.<\/p>\n<p><em>Ces hommes \u00e9loign\u00e9s de leur famille ont v\u00e9cu des p\u00e9riodes difficiles, voire des drames. Leur ambition a \u00e9t\u00e9 de redonner espoir aux jeunes Cadets dont ils avaient la responsabilit\u00e9 et de les former pour encadrer, comme jeunes officiers, tous les Fran\u00e7ais de bonne volont\u00e9 qui voulaient rendre sa Libert\u00e9 \u00e0 la France. Leur action, malgr\u00e9 leur faible nombre, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminante dans la reconqu\u00eate de l\u2019ind\u00e9pendance de notre Pays.<\/em><\/p>\n<p>Pierre MOULI\u00c9, vice-pr\u00e9sident de l\u2019ASCFL<\/p>\n<p>Vous pouvez aussi t\u00e9l\u00e9charger la lettre : <a href=\"https:\/\/cadetfrancelibre.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/ASCFL_180401_Lettre-trimestrielle-10-avril-2018.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">t\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette lettre est consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019encadrement de l\u2019Ecole des Cadets. L\u2019ASCFL a naturellement pour vocation d\u2019entretenir le souvenir des Cadets mais aussi de ceux qui les ont form\u00e9s \u00e0 MALVERN et \u00e0 RIBBERSFORD. 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